Guy Dramard

 

Il travaillait à la SNCF et faisait de la propagande JC. Un jour, il a cassé la gueule à un type de la LVF puis s’est enrôlé dans les FTP.

Il n’avait pas de connaissances militaires. C’est dans les rues de Paris qu’il a appris à se servir d’un révolver.

Les gens compétents, les généraux, les maquereaux entretenus de la Patrie qui laissent tomber leur femme quand quelqu’un de plus costaud a mis le grappin dessus : tous ceux là étaient dans les GMR, les bureaux de Vichy, ou à l’écoute de Radio Londres (baissez vos postes s’il y a lieu !)

Guy réalisa mieux chaque jour que si le mot « National » fait bien dans la bouche des bourreurs de crânes, il ne faut tout de même pas confondre Neuilly avec Belleville, tant au point de vue fortune qu’au point de vue Résistance.

 

Et chaque soir, tandis que les chefs de l’OCM stockaient les armes parachutées, tandis que Vichy « résistait » en signant de nouvelles listes d’otages à fusiller, ou en sablant le champagne avec Von Stupnagel ; les gars de la Saint-Just marchaient de La Villette à la porte d’Orléans pour désarmer des flics ou des soldats allemands.

 

Les rapports disent :

Guy Dramard a récupéré avec son équipe, onze pistolets… Comme c’est vite écrit : onze récupérations.

Guy participe à l’incendie des camions allemands du garage Opel Bauer, rue Picpus, le 21 juin.

Le 15 juillet, dans la nuit, il passe avec son équipe les barbelés du HKP 513 à Vincennes et grenade les camions.

Le 26 : il exécute un mouchard de la Gestapo, rue des Goncourt.

Dénoncé par un patron d’hôtel, le 11 août, en entrant dans sa chambre, il est arrêté par la police. Les inspecteurs lui mettent les menottes puis lui disent :

- « Idiot, tu aurais dû filer ! »

- « Facile à dire, vous me cerniez, révolvers braqués, mais puisque vous êtes dans de bonnes dispositions, relâchez-moi ! »

- « Ah, maintenant c’est trop tard ! »

Guy est torturé pendant quelques jours, mais le 19 l’insurrection de Paris le sauve.

Le dialogue cité plus haut, et dont nous eûmes connaissance au moment de sa libération est symbolique de l’attitude « habile et résistante » des policiers en général.

 

Ici il manque une page au manuscrit (note du transcripteur)

 

n’ont pas été battus par la réaction et les culottes de peau, mais livrés sans combat.

Guy combattit bravement, mais en réservant toute sa haine pour le régime fasciste et non pour ses esclaves.

Comme nous tous il discuta longuement avec les prisonniers, leur expliquant ce que nous étions et ce que nous voulions.

Bien entendu, parmi nos prisonniers, il n’y avait pas de SS ou de chefs nazis. Nous avons toujours rapidement exécuté cette dernière catégorie d’individus pour éviter que plus tard, les grandes « démocraties » les nomment maires de Cologne ou de Aix la Chapelle.

 

Les soldats allemands pris dans le XIXème, nous enseignèrent le maniement du « coup de poing » anti-char. Quand Nono s’endormait c’est Walter qui gardait sa mitraillette pour que personne ne la barbotte…et pourtant, on entendait encore les tanks allemands qui passaient rue Jean Jaurès.

En toutes occasions nous nous sommes efforcés de demeurer fidèles à l’internationalisme prolétarien ; cela ne fut pas toujours facile vu le compréhensible chauvinisme des masses inéduquées. Mais si nous pûmes le faire admettre, c’est parce que la Compagnie s’était qualifiée et se qualifiait chaque jour dans le combat anti fasciste.

 

Un flic fit une remarque à un copain qui discutait amicalement avec un vieux mineur de la Ruhr. Le camarade ne perdit pas de temps à expliquer sa position politique au pandore, il lui fit remarquer simplement que c’est lui qui avait fait prisonnier cet Allemand.