Samedi 19 août 1944

 

Je suis à l’hôtel avec Jo. On frappe à la porte. C’est Guy qui vient d’être libéré de la Santé. Pour une surprise, c’en est une ! Après les grandes effusions, Guy nous raconte son arrestation :

Les bandits de la sûreté l’attendaient dans le couloir de son hôtel. Ils lui passent les menottes et lui disent ensuite « tu n’avais qu’à filer, on ne t’aurait pas tiré dessus ! »

Guy répond « Eh bien relâchez moi » et les flics rétorquent « non, maintenant c’est trop tard ! ».

La police le transmet à la milice qui le passe à tabac et le soumet aussi à la torture en usage chez les « civilisés de l’Europe nouvelle. »

Ensuite il est expédié à la Santé.

La veille de l’insurrection, la bureaucratie de la Santé réfléchit qu’elle a le choix entre quelques ennuis avec les autorités allemandes, et la pendaison avec les détenus de la Santé

Les Allemands reculant, le peuple gronde. La direction de la Santé sent sont patriotisme monter avec le thermomètre de la victoire.

Le soir, nous nous apprêtons à regagner notre garage, quand deux camarades arrivent avec un fusil confisqué au domicile d’un milicien. Nous décidons d’aller juger cet individu et nous arrivons à son domicile vers 22 heures.